Bilan de la onzième semaine

2097 km parcourus, découverte de Vannes, sortie du golfe du Morbihan, rencontre de jolies personnes, j’attaque les derniers kilomètres, je retrouve l’océan, j’ai pris un passeur, la fin approche.

Cette semaine débute avec une toute petite journée de marche me menant jusqu’à Vannes. Je décide d’y faire une pause, car je me sens fatiguée. J’en profite donc pour découvrir cette merveilleuse ville aux colombages et aux remparts somptueux. Comme à l’accoutumée, un day off n’est jamais vraiment reposant, on y fait tout ce que l’on n’a pas le temps de faire en rando : ravitaillement, lessive, se nourrir convenablement, etc. Mais ça fait du bien de repartir propre, avec une tente sèche et de la nourriture pour une armée (je ne vous raconte pas le poids du sac).

Le côté déprimant du golfe du Morbihan, c’est que l’on passe 3 fois à la même intersection de bras de mer, mais à chaque fois d’un côté de la terre. Ça donne sincèrement l’impression de ne pas avancer lorsque dimanche, lundi et mardi on passe à quelques mètres de là où on était la veille et l’avant-veille. Et c’est ainsi tout le long jusqu’à la sortie du golfe et donc le passage de Port Navalo. Endroit vu une semaine auparavant de Locmariaquer. J’étais prévenu. C’est une expérience en soi.

Le temps est maussade ces derniers jours, ça n’aide pas à rentrer dans l’ambiance. Mais plus les jours passent et plus le soleil nous fait l’honneur de sa présence. Ça rend la découverte bien plus chouette. Et je me laisse porter par les paysages des salines et des marais. Je ne retrouve pas les grands espaces, les horizons à perte de vue auxquels je me suis habituée, mais ça a son charme ce golfe.

La pluie s’installe de nouveau en milieu de semaine, mais le cœur est ensoleillé suite à la rencontre imprévue d’Anne qui avait proposé de nous héberger il y a 2 mois, à Brignogan. Le destin est si bien fait.

Puis la rencontre avec Jean et Marie-Odile, des baroudeurs de 78 et 73 ans, ayant arpenté un paquet de chemins ces 20 dernières années. Je suis fan.

J’ai aussi partagé un petit bout de chemin avec François-Jacques à la sortie du golfe du Morbihan. Ayant découvert mon aventure sur les réseaux sociaux, il m’a proposé de partager quelques kilomètres. Bien que l’organisation ne soit pas mon fort ces derniers temps, j’ai évidemment accepté. Et ce fut un joli moment de partage. Une journée venteuse, pluvieuse et ensoleillée pour passer Port Navalo. Je retrouve ainsi l’océan, sa brutalité, son odeur de goémon et sa beauté qui m’avait tant manqué. Je foule de nouveau les plages, les rochers et quelques petites falaises. Je ne saurais décrire le bonheur qui m’a traversé à la vue de ces dernières. Je ne saurais vous partager la joie, l’euphorie, les larmes de joie à chaque pas montant ou descendant sur ces quelques kilomètres peu urbanisés. Comme une impression de retour à la maison, une bouffée d’oxygène à la sortie du golfe. J’étais libre, face à l’immensité de l’océan, sans horizon ; juste lui et moi partageant le cap des 2000 km parcourus, côte à côte.

C’était un moment simple, vrai, pur, sans fioritures. Il me sera difficile de plus le décrire tant il me semble irréaliste d’avoir eu la chance de vivre cette émotion. Mais je ne remercierai jamais assez ma persévérance pour cela.

2000 km !!!

Lorsque tu débutes un tel périple, tu as des points de mire. Tu te dis quand je serais à Brest, ce sera la moitié ; j’aurais sacrément avancé une fois passé la presque île de Crozon. Mais pour moi la sortie du golfe, c’est déjà presque la fin. Il ne reste que quelques centaines de kilomètres maintenant. Quelle folie, quelle émotion, quelle épopée.

Même après 2000 km, je continue de découvrir avec plaisir la Bretagne. C’est en retrouvant l’océan que je découvre la boule bretonne, ce jeu qui ressemble à la pétanque, mais qui n’en est pas. Je goûte aussi le gochtial, la brioche bretonne…

Je crois que je m’imprègne de cette région qui m’a transportée, bercée et tant apportée.

Puis je passe une super soirée en compagnie d’Emeline, Pierre et leur charmante famille. Un beau moment de partage et une magnifique rencontre… Les questions des enfants vont bon train et j’aime y répondre le plus précisément possible pour partager mon expérience. Je repars après une soirée conviviale, une bonne nuit de repos et un super dragon en origami. Gabriel, l’ainé de la fratrie me l’a offert en réponse à la grue que je laisse chez les gens qui m’hébergent. Cet échange de bon procédé était super chouette. Merci beaucoup.

Suite à cette chaleureuse soirée, je repars donc les yeux tout ensoleillés de ce moment familial. Aujourd’hui, j’ai pris la décision d’utiliser un passeur pour éviter 20 km de marais et de route. J’attends donc sur une robe un petit bout de bateau qui va parcourir à peine 1 km sur l’eau et qui va m’en faire économiser 20-25. C’était la première fois que je « coupais ». Mais les journées vaseuses et pluvieuses du golfe du Morbihan ont eu raison de ma patience… Encore une fois, je me détache du GR, mais en cette fin de parcours, j’avoue être las de la vase. Et puis c’est une nouvelle expérience. Alors profitons de l’aventure.

Le passeur.

Pour le dernier dimanche de cette aventure, je me réveille frigorifiée. J’ai d’ailleurs sorti, pour la première fois, la couverture de survie en plus de mon duvet. C’est pour dire. Je mange rapidou dans ma tente et file attaquer le dernier jour dans le Morbihan. Le soleil est de la partie et c’est plutôt cool au vu de la température extérieure. Débuter une journée avec mon coupe-vent ne m’était pas arrivé depuis vraiment longtemps (les chemins de St Jacques au mois de novembre).

J’avance entre terres agricoles, qui me rappellent mon Berry, et océan. Puis je remonte la Vilaine jusqu’au barrage d’Arzal où je vois fonctionner l’écluse. 21 bateaux, une 30aine de centimètres d’eau, de l’océan à la Vilaine, il faudra environ 35 minutes d’agitation. Mais c’était super joli à contempler. Je finis donc cette onzième semaine en passant la Vilaine, mais en ne sortant pas encore du Morbihan cependant. Ça attendra la douzième semaine…

À la semaine prochaine.

Le petit point dodo :

24.08 – Appart à Vannes

25.08 – Camping du Ruys à St Léonard

26.08 – Bivouac aux alentours de Sarzeau

27.08 – Camping du Tindio à Kerners

28.08 – Dodo chez Emeline

29.08 – Camping des goélands à Bétahon

30.08 – Camping les embruns à Kerarno

Publié par Jeanne Fauquenot

Passionnée de patrimoine, d'art et d’espaces naturels ; je me suis mise en tête de découvrir, en marchant, ce pays merveilleux qu’est le France. Il m'est alors apparu qu'il m'était nécessaire de partager mes découvertes dans cet extraordinaire monde qui est le nôtre. J'espère que toutes mes aventures vous plairont.

2 commentaires sur « Bilan de la onzième semaine »

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