Passer à la radio est un exercice en soi. J’espère réussir à partager un peu d’émotions et surtout du contenu.
Au travers de ces Podcasts, j’y parle de mes aventures, certes, mais surtout des conseils, des bons plans et tout ce qui m’anime pour continuer, jour après jour à forger mon expérience de randonneuse.
J’y relate mes kilomètres parcourus, mes expériences de femme et mes valeurs.
Ces moyens de partage, ces discussions, ces rencontres sont tous particuliers. Le contenu y est différent, les intentions, les envies, les moments. Je vous propose de vous faire votre propre opinion en les découvrant.
Live Insta
Un petit live Instagram le 22.02.22 avec Feel the camp vibes.
Un live Instagram le 08.03.22 avec Baroudeur.
Un live Instagram le 03.05.22 avec Mounttrail.
RFC
On y découvre mon premier passage à la radio et quelques infos sur le GR 34 (Bretagne).
On y parle départ, changements et réalité du terrain. J’ai adoré ce moment de partage où on rentre dans le vif du sujet. Merci Pierre-Arnaud.
– Interview publiée le 04.05.21 par Le podcast Un bol d’air.
AU-DELA DES MURS
On y découvre le retour après des semaines de marche. Comment se réacclimater ? Comment reprendre le cours de la vie ? Tant de choses se passe à notre retour et pourtant… Rien ne sera plus comme avant.
– Interview publiée le 14.03.21 par Le podcast Au delà des murs.
LES LOCOMOTIVES
Parce que le soutien de ses proches n’a pas de prix. Parce qu’une telle expérience, même en autonomie ne peux pas vraiment se vivre seule… Au micro de Sandra, on découvre que je suis bien entourée en réalité.
– Interview publiée le 15.03.21 par Le podcast Les Locomotives.
BOURLINGUEZ
Avec Marc-Antoine, nous parlerons de mon aventure sur Compostelle. 2100 km du Puy-en-Velay à Finisterre. Des rencontres, des difficultés et du matériel à emporter…
– Interview publiée le 17.03.21 par Le podcast Bourlinguez.
LES FRAPPE.ES
Ce fût mon premier enregistrement de Podcast. Quel plaisir d’y découvrir une parole mise en confiance par un interlocuteur bienveillant. Evidemment mes rando ont été au cœur de la discussion, mais aussi l’association des marcheurs fous que j’ai co-fondé et tout plein d’autres projets en cours.
– Interview publiée le 04.04.21 par Le podcast Les Frappé.e.s.
« Qu’est-ce qu’une jeune femme fait ici toute seule ? Pensez-vous sincèrement réussir ? Vous devriez aller moins vite, à ce rythme, vous ne tiendrez jamais la distance ! »
« Qu’avez-vous dans votre sac ? Il est bien trop lourd pour vous ! Imaginez-vous sincèrement arriver jusque là bas, seule ? »
Crédit photo @Victor Barreau
Loin de moi le couplet féministe sur les dangers (ou non) de randonner et/ou voyager seule lorsque l’on est une femme.
Mais soulevons le problème. Notre différence de sexe nous rend tout de suite sujettes à la critique, aux questionnements d’autrui ; voir aux insultes.
Quelques clichés du FET.
Pourquoi devrions-nous avoir honte de faire ce que des hommes font depuis des centaines d’années ? Messieurs, depuis la nuit des temps, vous partez à l’aventure alors que nous restons sagement à vous attendre, au fond de notre grotte. Ne pensez-vous pas, qu’au 21e siècle, nous avons mérité le droit de vivre sur un pied d’égalité ? Nous devrions être payées un salaire équivalent à poste et compétences égales, ce n’est pourtant toujours pas le cas… Nous pourrions prétendre à moins de harcèlements, de blagues salaces ou de remarques sur notre façon de nous vêtir, nous sommes pourtant nombreuses à les accepter sans trop rien dire… Notre statut de femme, de potentielle mère, fait de nous des sujets inemployables en pleine force de l’âge…
Devons-nous vraiment accepter tout cela ?
Sur le GR34.
Un peu d’équité, est-ce trop demandé ? Pourquoi s’offusquer lorsque nous souhaitons juste marcher ?
Est-ce vraiment vous émasculer que de marcher à vos cotés ? Sur « vos » chemins ? Est-ce si compliqué de partager vos passions, vos envies d’ailleurs, votre liberté ?
Seule en Nouvelle-Zélande.
Pourquoi devrions-nous être de mauvaises épouses, mères, ou tout simplement femmes parce que nous souhaitons vivre une vie qui nous rend heureuse ? Dans l’idéal social, une femme « doit » s’occuper de ses enfants, de son foyer et de son époux. Mais est-ce si idéal que cela si ça ne rend pas heureuse ladite personne ?
Mesdames, à chaque problème, une solution !
Sur les chemins de Compostelle .
Nous pouvons le faire, nous en sommes capables et nous avons le droit !
Quiconque se permettra de vous juger, pour votre excentricité, car vous êtes « à la marge » ou votre différence de vie, puisque vous vous écoutez, mérite d’être ignoré.
Continuez de sourire en vous faisant confiance ! Nous réussirons, aujourd’hui ou demain à être sincèrement libre d’entreprendre tout ce que nous désirons sans que personne ne vienne nous rabaisser juste à cause de notre sexe.
Suite à une soirée magnifique de simplicité et de gentillesse, en compagnie de Fred ; je pars me balader dans Saint Nazaire. Le temps est au brouillard, ce qui est en adéquation totale avec mon état d’esprit du moment.
Je me retrouve, seule, dans cette ville embrumée, mais belle. L’architecture n’y est pas resplendissante, mais je m’y sens bien. Je vais au bout de la jetée Ouest y découvrir les pêcheurs et le pont de St Nazaire.
Le brouillard ne me le permettra pas, mais il est parfait à ce moment-ci. Beau, enveloppant, questionnant et doux. Je suis pleine de d’interrogations et d’incertitudes. Mais très à l’aise avec tout cela. Je trouverai les réponses, j’en suis aujourd’hui capable, je suis entourée et aimée. Rien ne peut plus m’arrêter.
Cette semaine, c’est aussi le début de l’organisation de la vie d’après ; des projets, de mon anniversaire. Et ça me permet de mettre un doigt de pied dans le réel sans que ça ne soit trop violent, pour le moment.
Un tout petit peu d’organisation, quelques coups de fils et le tour est joué. Je serais entourée le week-end de mes 30 ans par ma merveilleuse famille. Chouette, chouette, chouette.
Et maintenant, a quand la prochaine aventure ? Où ? Comment ?
2235 km parcourus, 81 jours de marche, entrée en Loire-Atlantique, découverte des marais salants, retrouvailles avec des amis, arrivée à St Nazaire, une fin de voyage bouleversante.
J’attaque cette semaine toujours frigorifiée. Autant les journées sont plutôt chaudes, autant les nuits sont glaciales… Ce n’est pas top top niveau récupération. Mais c’est le jeu.
Une beauté cette journée dans le Morbihan.
Cette semaine est étrange soyons claire. Il me tarde de terminer cette aventure, de reposer mes guibolles, de dormir dans un vrai lit, de prendre une douche et de retrouver les miens… Mais je redoute l’arrivée à St Nazaire.
Arrivée dans les marais.
Quoi qu’il en soit, je garde la pêche et fait de grosses étapes pour arriver jeudi à St Nazaire. Le tracé du GR est encore un peu bizarre, je me permets donc de l’organiser comme bon me semble. Je découvre, ainsi, de magnifiques plages et les extraordinaires marais salants de Mesquer et Guérande. Ce sont des paysages hors du commun, je suis contente de les avoir expérimentés à pied, en prenant le temps…
Entre terre et océan.
Le sentier continue de m’époustoufler par ses paysages. La côte sauvage du Croisic au Pouliguen est à elle seule une découverte hors norme. Je suis heureuse de la découvrir sous un temps resplendissant, au soleil couchant. C’est un moment tout particulier qui vient clore cette aventure hors du commun. On peut dire que pour mon avant-dernier jour de marche, j’aurais été vernie. Un café avec Olivier, les marais salants de Guérande, la pointe du Croisic donnant sur Pen Bron (à marée basse), la côte sauvage jusqu’au Pouliguen.
Côte sauvage du Croisic.
D’accord 39 kilomètres au compteur, mais quel bonheur. Mon corps et ma tête ne partagent pas exactement les mêmes informations à ce moment précis, mais je ressens beaucoup de bonheur, de gratitude et d’épanouissement.
C’est pour tout le monde, la semaine de rentrée des classes. Je croise encore un peu de monde, mais c’est tout de même bien plus calme sur le sentier.
Entre Batz et le Pouliguen.
Je décide de profiter de cette dernière semaine pour bivouaquer. J’ai envie, besoin, d’être libre de mes mouvements et de me faire mon propre point sur toute cette aventure avant de rentrer. Que c’est salvateur.
Les bivouacs.
Je termine mon aventure en dormant la veille de mon dernier jour chez Olivier, quelle chance de profiter de cette soirée pour ne pas trop penser. En même temps avec 40 km dans les pattes, je suis usée.
Les moments de partage du sentier.
Le lendemain matin, je retrouve José à la Baule. Nous parcourons ensemble les 26 derniers kilomètres qui me séparent de mon objectif. Je suis tout aussi contente de les partager avec lui. Ça a été un soutien depuis notre rencontre et ça me touche énormément qu’il soit là pour cette dernière journée de rando.
De la Baule à St Marc sur mer.
La côte nazairienne me semble bien plus amicale en sa compagnie. Il a les mots pour me faire oublier que, dans quelques minutes, je serais face à mon objectif de 81 jours : Saint Nazaire … Mais je dois bien avouer que l’émotion reste présente et entière dès lors que nous faisons face à l’hôtel de ville.
La Loire et José.
J’y suis ! Je l’ai fait ! 2235 km de côte bretonne. J’ai mis de côté mes a priori, mes besoins, mes douleurs… Pour parcourir un sentier fort en histoire, en paysages et en rencontres.
L’arrivée toute en émotion à St Nazaire.
Dans la continuité des belles rencontres et du soutien que je reçois depuis le début de cette aventure, je passe la soirée en compagnie de Fred. Un autre pèlerin rencontré sur les chemins de St Jacques. Comme quoi de belles amitiés se forment sur ces chemins.
Nous allons voir un magnifique coucher de soleil pour ma dernière soirée en Bretagne, quel beau cadeau.
Merci d’avoir été présent sur ces derniers moments du GR. Soutien, bienveillance et discussions au programme. Que du bonheur (et beaucoup d’émotions).
Simple et beau.
J’ai donc mis 81 jours pour parcourir 2235 kilomètres. 10 jours de plus que sur Saint Jacques pour 135 km de plus (le ratio jours/km n’est pas top, mais bon). Mais quelle aventure.
Une expérience totalement différente. Où j’ai testé l’hygiène douteuse, le bivouac, le poids du sac à dos en autonomie, les petites galères d’organisation, les paysages de la Bretagne et les grands bonheurs de la liberté totale.
Guérande et ses marais salants
Il serait difficile de terminer cette aventure sans penser à vous.
Je voudrais, donc, tous vous remercier. Vous qui me lisez, vous qui m’avez accueilli, vous avec qui j’ai partagé quelques kilomètres, vous avec qui j’ai discuté.
Mais aussi vous qui m’écrivez, vous qui m’appelez et vous qui me soutenez.
Et merci à mon ange gardien, qui m’a conseillé et aiguillé. Merci pour les heures passées à étudier la carte, à être un soutien technique, logistique et émotionnel.
Évidemment merci à la Bretagne d’être si belle, capricieuse et charmeuse.
Et merci à mon corps d’avoir tenu alors que nous partions avec un tendon douloureux, un genou douteux, un sac de 12 kg et pas mal d’a priori et de peurs.
À la prochaine aventure !!!
Deux mois et demi de marche c’est éprouvant. Et sans toutes ces personnes, l’aventure aurait été toute autre. Alors merci d’avoir rendu cette marche inoubliable.
Seul le marcheur au long cours, le sportif, le challenger peut se rendre compte de l’effort fourni, de la difficulté du projet et donc de la limite de ce mot « merci ». Il n’est très clairement pas suffisant pour exprimer ma gratitude, ma joie et mon bonheur, vis-à-vis de vous tous.
Avec tout mon amour, MERCI (en attendant de trouver un mot plus fort, plus franc, plus vrai).
2097 km parcourus, découverte de Vannes, sortie du golfe du Morbihan, rencontre de jolies personnes, j’attaque les derniers kilomètres, je retrouve l’océan, j’ai pris un passeur, la fin approche.
Cette semaine débute avec une toute petite journée de marche me menant jusqu’à Vannes. Je décide d’y faire une pause, car je me sens fatiguée. J’en profite donc pour découvrir cette merveilleuse ville aux colombages et aux remparts somptueux. Comme à l’accoutumée, un day off n’est jamais vraiment reposant, on y fait tout ce que l’on n’a pas le temps de faire en rando : ravitaillement, lessive, se nourrir convenablement, etc. Mais ça fait du bien de repartir propre, avec une tente sèche et de la nourriture pour une armée (je ne vous raconte pas le poids du sac).
Vannes.
Le côté déprimant du golfe du Morbihan, c’est que l’on passe 3 fois à la même intersection de bras de mer, mais à chaque fois d’un côté de la terre. Ça donne sincèrement l’impression de ne pas avancer lorsque dimanche, lundi et mardi on passe à quelques mètres de là où on était la veille et l’avant-veille. Et c’est ainsi tout le long jusqu’à la sortie du golfe et donc le passage de Port Navalo. Endroit vu une semaine auparavant de Locmariaquer. J’étais prévenu. C’est une expérience en soi.
Les paysages du golfe.
Le temps est maussade ces derniers jours, ça n’aide pas à rentrer dans l’ambiance. Mais plus les jours passent et plus le soleil nous fait l’honneur de sa présence. Ça rend la découverte bien plus chouette. Et je me laisse porter par les paysages des salines et des marais. Je ne retrouve pas les grands espaces, les horizons à perte de vue auxquels je me suis habituée, mais ça a son charme ce golfe.
Un petit bout de soleil pour égayer le golfe.
La pluie s’installe de nouveau en milieu de semaine, mais le cœur est ensoleillé suite à la rencontre imprévue d’Anne qui avait proposé de nous héberger il y a 2 mois, à Brignogan. Le destin est si bien fait.
Puis la rencontre avec Jean et Marie-Odile, des baroudeurs de 78 et 73 ans, ayant arpenté un paquet de chemins ces 20 dernières années. Je suis fan.
Encore un peu de Golfe.
J’ai aussi partagé un petit bout de chemin avec François-Jacques à la sortie du golfe du Morbihan. Ayant découvert mon aventure sur les réseaux sociaux, il m’a proposé de partager quelques kilomètres. Bien que l’organisation ne soit pas mon fort ces derniers temps, j’ai évidemment accepté. Et ce fut un joli moment de partage. Une journée venteuse, pluvieuse et ensoleillée pour passer Port Navalo. Je retrouve ainsi l’océan, sa brutalité, son odeur de goémon et sa beauté qui m’avait tant manqué. Je foule de nouveau les plages, les rochers et quelques petites falaises. Je ne saurais décrire le bonheur qui m’a traversé à la vue de ces dernières. Je ne saurais vous partager la joie, l’euphorie, les larmes de joie à chaque pas montant ou descendant sur ces quelques kilomètres peu urbanisés. Comme une impression de retour à la maison, une bouffée d’oxygène à la sortie du golfe. J’étais libre, face à l’immensité de l’océan, sans horizon ; juste lui et moi partageant le cap des 2000 km parcourus, côte à côte.
Retour sur l’océan avec ses falaises.
C’était un moment simple, vrai, pur, sans fioritures. Il me sera difficile de plus le décrire tant il me semble irréaliste d’avoir eu la chance de vivre cette émotion. Mais je ne remercierai jamais assez ma persévérance pour cela.
2000 km !!!
Lorsque tu débutes un tel périple, tu as des points de mire. Tu te dis quand je serais à Brest, ce sera la moitié ; j’aurais sacrément avancé une fois passé la presque île de Crozon. Mais pour moi la sortie du golfe, c’est déjà presque la fin. Il ne reste que quelques centaines de kilomètres maintenant. Quelle folie, quelle émotion, quelle épopée.
Un petit bout de Bretagne.
Même après 2000 km, je continue de découvrir avec plaisir la Bretagne. C’est en retrouvant l’océan que je découvre la boule bretonne, ce jeu qui ressemble à la pétanque, mais qui n’en est pas. Je goûte aussi le gochtial, la brioche bretonne…
Je crois que je m’imprègne de cette région qui m’a transportée, bercée et tant apportée.
Puis je passe une super soirée en compagnie d’Emeline, Pierre et leur charmante famille. Un beau moment de partage et une magnifique rencontre… Les questions des enfants vont bon train et j’aime y répondre le plus précisément possible pour partager mon expérience. Je repars après une soirée conviviale, une bonne nuit de repos et un super dragon en origami. Gabriel, l’ainé de la fratrie me l’a offert en réponse à la grue que je laisse chez les gens qui m’hébergent. Cet échange de bon procédé était super chouette. Merci beaucoup.
Un moment magique dans une famille trop trop chouette.
Suite à cette chaleureuse soirée, je repars donc les yeux tout ensoleillés de ce moment familial. Aujourd’hui, j’ai pris la décision d’utiliser un passeur pour éviter 20 km de marais et de route. J’attends donc sur une robe un petit bout de bateau qui va parcourir à peine 1 km sur l’eau et qui va m’en faire économiser 20-25. C’était la première fois que je « coupais ». Mais les journées vaseuses et pluvieuses du golfe du Morbihan ont eu raison de ma patience… Encore une fois, je me détache du GR, mais en cette fin de parcours, j’avoue être las de la vase. Et puis c’est une nouvelle expérience. Alors profitons de l’aventure.
Le passeur.
Pour le dernier dimanche de cette aventure, je me réveille frigorifiée. J’ai d’ailleurs sorti, pour la première fois, la couverture de survie en plus de mon duvet. C’est pour dire. Je mange rapidou dans ma tente et file attaquer le dernier jour dans le Morbihan. Le soleil est de la partie et c’est plutôt cool au vu de la température extérieure. Débuter une journée avec mon coupe-vent ne m’était pas arrivé depuis vraiment longtemps (les chemins de St Jacques au mois de novembre).
Bon ba, il pleut en cette fin de Morbihan…
J’avance entre terres agricoles, qui me rappellent mon Berry, et océan. Puis je remonte la Vilaine jusqu’au barrage d’Arzal où je vois fonctionner l’écluse. 21 bateaux, une 30aine de centimètres d’eau, de l’océan à la Vilaine, il faudra environ 35 minutes d’agitation. Mais c’était super joli à contempler. Je finis donc cette onzième semaine en passant la Vilaine, mais en ne sortant pas encore du Morbihan cependant. Ça attendra la douzième semaine…
1886 km parcourus, je me crée mon propre chemin, découverte de la presque île de Quiberon et des mégalithes, une nouvelle liberté dans mon cheminement, j’attaque le golfe du Morbihan.
Après 9 semaines à suivre un tracé qui me semblait évident, familier, rassurant… je me confronte à une réalité forte désagréable… Le tracé du GR, dans le Morbihan, ne me convient pas. Couper à travers les terres, ne plus longer la côte, éviter les alignements de mégalithes… Tout s’enchaîne et je ne me sens plus à l’aise avec mon propre cheminement, ma propre démarche.
Plage et barre d’Etel
Il m’aura fallut une journée de marche forcée pour comprendre qu’il était temps que je me détache du GR pour tracer ma propre route. La symbolique est forte croyez m’en.
Là, prend tout son sens du cheminement et non le but à atteindre. Je dessine mon propre chemin, celui qui me donnera la chance de découvrir qui je suis. Je n’aurais jamais toutes les réponses, mais ne serait ce que quelques-unes afin de m’aiguiller quant à la direction où aller.
Alignements d’Erdeven.
Cette décision ne fut pas simple à prendre, elle n’est pas des plus confortable puisque l’organisation en est d’autant plus lourde. Mais c’est, dès à présent, mon chemin et je me sens bien plus à l’aise d’avoir fait ce choix que de ne plus prendre de plaisir à marcher sur un chemin stérile.
Je ne m’empêche pour autant pas à retrouver de temps à autre le GR. Car le tracé est chouette par moment (ou inévitable) mais quitter les lignes blanche et rouge m’apaise.
Sur le sentier.
J’aurais sacrifié une belle partie de côte faisant face à Lorient pour me rendre compte que le nouveau tracé ne me plaisant pas. Me défaire du prévisible me soulage, en quelque sorte. Je me sens suffisamment à l’aise avec l’inconnu et l’organisation de la nourriture ou du bivouac pour agir ainsi sans violence aucune. Quelle liberté, quel bonheur.
Toute décision nécessite de faire un choix. Peut être passerais-je à côté de certaines choses, mais au moins je reste fidèle au tracé que je m’étais prévue et j’avance à mon rythme, face à des paysages qui me rendent heureuse.
La Bretagne sous la pluie.
Je découvre ainsi la presque île de Quiberon, les alignements d’Erdeven et ceux de Carnac. Sans oublier les alentours de Locmariaquer. Où il m’a été permis de « chasser » les dolmens. Une journée extraordinaire de découvertes merveilleuses. Quel patrimoine nous avons !
Presque île de Quiberon.
Mon nouveau tracé est super chouette. Je suis ravie. D’autant plus que je suis de plus en plus à l’aise avec cette liberté qui est mienne.
Cette semaine, j’ai eu la chance de rencontrer des randonneurs à la journée fort agréable, avec qui la discussion a fait passer l’après midi d’autant plus rapidement. Merci Francis et Valérie.
Les alignements de Carnac.
Ainsi qu’une sympatique bande de jeunes du 94, en vacances. Les questions y allaient bon train : vous faites comment pour la nourriture ? Et pour vous repérer ? Et pour manger ? Et pour charger votre téléphone ??? Bref des questions de logistique qui me semblent familières mais qui interrogent. Une belle discussion conclue par un « Madame, je te respecte grave ! Tu m’impressionnes ». C’était une belle rencontre, merci à vous. Et qui sait, peut être à bientôt dans les écoles après tout… Partager mon expérience peut aussi passer par ce type de discussion et d’ouverture d’esprit.
Les mégalithes de Locmariaquer.
Et j’ai partagé un repas très chouette avec Shannon. C’est étonnant comme ce cheminement est totalement différent de celui de St Jacques. Je rencontre, certes, moins de monde. Mais je partage plus. J’ouvre mon expérience aux autres, le temps d’un repas, d’un coup de téléphone, d’une semaine de marche. Je suis heureuse de découvrir leur univers et de partager le mien. Aussi contraignant cela puisse être, déroutant ou embarrassant, par moment, ce sont de beaux moments partagés qui me rendent heureuse.
Les rencontres sur le sentier.
J’ai aussi eu la chance de voir les grandes marées. Enfin, une grande étendue de plage, rochers et coquillages sans eau puisque j’ai eu le droit à beaucoup de marée basse. Un régale pour les pêcheurs à pied semblerait-il. Pour ma part, ça a donné un petit moment à longer une plage encore plus vide qu’à l’accoutumée mais grouillant d’épuisettes et de bottes. C’était une jolie image et une atmosphère toute particulière. J’aurai adoré la vivre dans le Finistère. Mais mon avancée en a décidé autrement.
Juste un petit bout de cheminement.
Le petit point noir de cette semaine, ce sont les douleurs !
70 jours de marche, ça commence à tirer sur mon mécanisme. La douleur au tendon d’Achille qui passait régulièrement, mais ne s’installait pas, commence à faire un petit nid douillet à l’arrière de ma cheville gauche. Je reste donc alerte au moindre changement d’intensité car il se pourrait bien que ce dernier cesse de me suivre si je tire trop dessus. Déjà 1886 kilomètres qu’il me subit… et j’aimerais bien qu’il y en ai d’autre.
Le bleu de la Bretagne.
Bon, soyons francs, le Morbihan, à première vue, me transporte beaucoup moins que le reste de la Bretagne. Moins sauvage, moins brut, moins grandiose en terme de paysages… mais doux, poétique. Bien plus propice à la contemplation. Je commence à comprendre pourquoi les gens y sont tant attachés, je me laisse flâner le long de ses méandres en y prenant plaisir. D’autant plus à marée haute, mais les oiseaux à marée basse sont magiques, à leur façon.
1660 km parcourus, fin du quatrième topo-guide, attaque du Morbihan, découverte de l’île de Groix, rencontres de personnes magnifiques, 2 mois de marche.
Après une belle semaine à longer dunes, étangs, plages et falaises, je reviens un peu dans les terres…
La côte avant le retour dans les terres.
Bien que caniculaire, j’ai la chance d’attaquer cette semaine en remontant 2 bras de rivières. Ce qui signifie 2 jours à remonter puis redescendre une rivière menant à la mer.
On attaque la découverte des bras de rivières.
Ça peut sembler décourageant de « perdre » 2 jours pour avancer, factuellement, de moins d’un kilomètre sur la côte.
Que la côte est belle.
Mais je suis à l’abri des arbres, je re découvre les paysages boisés des abers (croisés il y a quelques semaines maintenant) et je profite de ce moment de calme loin des touristes ne se perdant que peu par ici.
Dans les magnifiques bras de rivières.
L’air y est un peu plus respirable bien que l’odeur de vase à marée basse soit omniprésente. Je me surprends à prendre plaisir à juste regarder un lézard, un oiseau pêchant, des feuilles brunissantes sous la température caniculaire que nous subissons tous… Que la Bretagne est belle.
Un autre bras de mer.
Puis je reviens vers l’océan pour le quitter quelques heures de temps en temps. Moi qui pensais que la côte serait en ligne droite jusqu’à St Nazaire… Je me suis bien trompée ! Et quelle chance ! Quoi qu’il en soit, je profite ; le sentier est beau.
Le retour sur la côte
Au détour d’un de ces bras de rivières, je rencontre Victor et Perrine. Ils font le GR dans sa totalité et je les suis sur les réseaux sociaux depuis le début. Ça fait extrêmement plaisir d’enfin les rencontrer ! Nous marchons une après-midi ensemble et les kilomètres passent d’autant plus rapidement que nous avons un bon nombre d’anecdotes, d’idées et de projets à partager… Il faut bien avouer que c’est très très chouette de rencontrer des gens sur le chemin, surtout lorsque l’on a tant en commun que ces deux personnes. D’autant plus que j’ai la chance de finir cette semaine en leur compagnie puisque nous bivouaquons ensemble dimanche soir en pleine forêt.
La rencontre de Victor et Perrine.
Puis je retrouve un autre randonneur, Alexandre, rencontré il y a quelque temps à Benodet. C’est la fin du chemin pour lui, mais nous marcherons tout de même deux jours ensemble. Ce fut une rencontre bouleversante de discussions, de bienveillance et de gentillesse. Merci Alexandre pour ces moments partagés. Bonne continuation et bonne recherche de ta voie.
L’arrivée à Lomener avec Alexandre.
Cette semaine est donc ponctuée d’une certaine quiétude, j’en profite d’autant plus que mon ami Vincent m’a retrouvé quelques jours et qu’il a géré toute l’organisation autour du cheminement. Je suis d’autant plus libre de mes pensées que je ne suis pas encombrée par les questions techniques et vitale de nourriture et dodo.
Pour terminer cette semaine, j’arrive à Lorient, la fin du quatrième topo-guide ! Je me procure donc le cinquième et dernier topo-guide de ce GR avant de reprendre ma route.
Sur la route vers Lorient.
Pour fêter cette grande nouvelle et mes 2 mois de marche (et oui, j’y suis !!!!) je décide d’aller sur l’île de Groix. Une merveilleuse idée tant l’île est belle. Je suis accueillie dans le jardin de Loïc et Pascale (des amis d’Alexandre). Ils sont îliens à l’année. C’est super chouette de découvrir cette vie-ci, après tant d’îles traversées (5 en tout, pour le moment).
Une belle aventure à Groix.
Je me régale de paysages merveilleux. Cette île est un vrai petit cocon en face de Lorient (et tout proche de Quiberon et belle île qui m’ouvrent les bras).
L’île de Groix.
Je repars après avoir fait le tour de l’île à pied. Suite à l’expérience du tour de l’île de Ouessant à vélo, j’ai la certitude que mon mode de déplacement s’effectue à pied. Je perçois mieux les changements, les dénivelés, les odeurs… Je profite plus et j’apprécie les contraintes de ce cheminement plus lent posant question quant à la valorisation du temps et l’optimisation de nos vies / vacances / loisirs…
Découverte de l‘île de Groix.
Je repars tout sourire d’une très très très belle île où le dénivelé est réapparu le temps d’une balade, mais c’était d’autant plus beau et chouette.
Par chance, un comité d’accueil trop trop chouuuuuuuux me récupère à Lorient ! Auriane et Joris étaient de passage dans leur famille et ils me prennent sous leur aile pour la soirée. Je ne me rends pas compte de la chance que j’ai d’avoir de tels amis. D’autant plus que je suis usée de ma journée.
Mon comité d’accueil pour bien finir cette semaine.
Je suis accueillie dans une charmante famille. Après un super repas, l’orage se lève et la chance d’avoir été accueillie dans un vrai lit, avec une vraie douche et au sec est incommensurable. Le destin est si bien fait, la vie est si belle. Merci, merci, merci les amis !!!!
Ces derniers temps, le réseau et la batterie me faisant défaut, j’ai totalement coupé avec mon téléphone. Et ça aussi, c’était une très très belle expérience. Je tends à le couper la journée pour profiter de la marche. Mais je me fais tout de même happer régulièrement par cet outil de communication. Un break de temps à autre est salvateur. Dommage de ne pas être tout à fait capable de le faire seule.
Cette semaine de grosse chaleur se termine donc sur un gros orage, suivi de quelques averses. Est-ce cela qui ternit ma motivation ou le tracé du GR qui ne me plaît guère en ce début de découverte du Morbihan ?!?
La fin du belle semaine.
Bien que cette dernière étape fût plus petite et moins dynamique, je continue avec plaisir ce sentier en prenant de plus en plus conscience de la chance que j’ai de faire cela.
À la semaine prochaine.
Le petit point dodo :
10.08 – Bivouac à Pont Aven
11.08 – Bivouac à Kerfany
12.08 – Bivouac au Pouldu
13.08 – Bivouac à Lomener
14.08 – Bivouac dans le jardin de Loic et Pascale sur l’île de Groix
15.08 – Dodo chez les parents de Joris à Kergalonic
16.08 – Bivouac tout proche de Plouhinec avec Victor et Perrine
Après la question du dodo, la question de l’or bleu fait son apparition.
Rassurez-vous, vous ne marcherez pas toute une journée sans croiser cimetières, habitations, toilettes publiques ou bourgs de village.
Ne vous faites donc pas trop de cheveux blancs.
D’un point de vue technique, j’ai un Camel Bag de 2L (dans le sac) et une bouteille en plastique de 1L (sur un côté du sac).
Le camel bag me permet d’avoir à disposition de l’eau en marchant grâce à la pipette. La bouteille me permet de remplir avec plus de facilité la réserve d’eau qui se trouve dans mon sac.
Petit plus, le soir de bivouac, j’ai la réserve de 2L pleine et la bouteille. Ce qui permet d’avoir 1L a dispo pour faire la cuisine le soir, se laver les dents et faire un bout de vaisselle et d’avoir tout de même de l’eau pour le début du chemin le lendemain matin.
Et si vous voyez dans votre organisation quotidienne que vous ne croisez vraiment rien alors pensez à prendre 2-3 litres avec vous ça évite de stresser et ça permet de boire à sa soif.
Mais sincèrement, sur le GR34, je n’ai eu aucuns soucis à trouver de l’eau régulièrement. Je conviens que je ne suis pas une grosse buveuse, mais tout de même.
N’hésitez surtout pas à demander aux bars et aux habitants. Je sais que ça peut sembler un peu bizarre la première fois, mais c’est la seule façon de ne pas s’encombrer de 3kg d’eau et d’en trouver tout de même tout au long de la journée.
À noter, il est fortement déconseillé de prendre de l’eau dans les ruisseaux, fontaines, etc. en Bretagne. L’eau est relativement polluée et les filtres ne suffisent pas à la rendre consommable. Donc laisser votre filtre à la maison et n’hésitez pas à demander. Les gens vous donnent volontiers de l’eau tout au long du chemin.
Nous arrivons donc au nerf du problème. Que mange-t-on lorsque l’on veut voyager relativement léger ?
Tout d’abord, soulignons qu’il est possible de se ravitailler relativement régulièrement puisque sur ce chemin, il y a souvent villages et villes.
Quelques petits repas avec Lilou.
Donc n’achetez pas trop de nourriture et ne portez pas trop de nourriture.
La peur de manquer reste notre plus grand ennemi surtout si on souhaite conserver un poids de sac convenable.
Quelques repas home made.
D’un point de vue matériel ; dans mon sac, j’ai : un réchaud, une petite bouteille de gaz, une popotte de 900ml et des couverts. Je ne suis donc pas stressée de comment manger. Mais quoi ???
Je n’ai pas la solution miracle et je pense que dans chaque pays, sur chaque chemin, dans chaque situation il faut trouver SA solution.
Quelques restos.
Pour moi, sur le GR34, ce fut un mélange de :
– Restos, lorsque j’étais accompagnée et qu’on avait d’un moment tranquille (midi ou soir).
– Pique-nique, le midi (se composant régulièrement de pain, fromage, concombre, tomate, pomme, abricots).
– Graines, galettes de riz au chocolat ou barres de céréales, lorsqu’un petit creux se faisait sentir en pleine journée.
– Salades, lorsque l’endroit pour faire les courses n’était pas trop loin (pour le soir).
– Pâtes/riz/semoule avec sauce (ou thon), lorsque l’endroit pour faire les courses était pas trop loin et qu’on avait vraiment faim (pour le soir).
– Et des nouilles chinoises lorsque la situation « d’urgence » était de mise.
Je ne suis donc absolument pas morte de faim. Mais je vous conseille de toujours avoir un minimum de nourriture dans votre sac pour ne pas stresser ou vous mettre la pression sur votre étape du jour.
Quelques pique-niques.
J’essaie de toujours avoir dans mon sac :
– 2 sachets de pâtes lyophilisées, genre noodle.
– 2 sachets de soupe lyophilisée.
– Quelques fruits secs.
C’est vraiment le repas d’extrême urgence. Du style, un dimanche soir où je n’ai rien croisé dans la journée. Mais je sais que j’ai ça au cas où. Donc, jamais de stress. Mais ce n’est pas super funky comme repas soyons francs.
Quelques repas du soir.
Vous savez tout quant à mon alimentation. J’espère que cela vous rassure. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas. Et surtout lancez-vous, ces petits détails se règlent d’eux même tout au long du cheminement.
Et des repas partagés.
Pour moi, la prochaine étape est le « zéro déchet ». Je pense que je n’en suis pas très loin ! Donc gardons le cap. Et voyageons de moins en moins polluant.